Chinoiserie : nos conseils pour adopter ce style asiatique dans votre intérieur

La chinoiserie — ou chintz — fait son grand retour dans nos intérieurs en 2026. Ce courant décoratif, né en Europe, puise son inspiration dans une vision rêvée et exotique de la Chine. À l’époque, il répondait à une quête de renouveau et d’originalité, dans un paysage artistique dominé par les codes stricts du classicisme et du baroque. Mais que recouvre réellement la chinoiserie ? D’où vient cet engouement pour les motifs orientaux et comment l’intégrer aujourd’hui dans son intérieur ? Retour sur l’histoire fascinante de ce style et sur les clés pour l’adopter avec élégance chez soi.

Aux origines de la chinoiserie

La chinoiserie s’impose en Europe à la fin du XVIIe siècle, sous l’impulsion de Louis XIV. En 1671, il a fait construire le Trianon de Porcelaine sur le domaine de Versailles : cinq pavillons ornés de carreaux bleus et blancs, inspirés d’un Orient idéalisé. Le terme « chinoiserie » est d’ailleurs une création purement européenne. « La chinoiserie diffère du design authentique d’Asie orientale à presque tous les égards », souligne le Dr Bertram, décorateur d’intérieur et docteur en chinoiserie à l’Université de Cambridge. Plus qu’une reproduction fidèle, il s’agit d’une réinterprétation occidentale, nourrie de fascination et d’exotisme.

Visionnaire en matière d’art et de décoration, Louis XIV propage rapidement cette esthétique dans les cours européennes. Au XVIIIe siècle, la chinoiserie devient un style incontournable, adopté dans les palais et les grandes demeures. Louis XV poursuivra cette dynamique, intégrant motifs asiatiques, porcelaines précieuses et laques raffinées dans les décors royaux. À l’origine, cet engouement répond à une quête de nouveauté : dans une Europe dominée par le classicisme et le baroque, la découverte de cultures lointaines et de matériaux inédits ouvre un nouveau champ d’expression décorative. Un héritage qui résonne encore aujourd’hui. Reste désormais à voir comment intégrer la chinoiserie avec subtilité dans nos intérieurs contemporains.

Osez la chinoiserie avec le « pattern drenching »

Pour intégrer la chinoiserie chez soi sans surcharge, une technique efficace consiste à jouer avec le pattern drenching. Ce concept, qui implique d’appliquer un même motif décoratif sur plusieurs éléments d’une pièce, permet d’apporter l’exotisme de la chinoiserie — scènes pittoresques, paysages de pagodes, fleurs de cerisier ou de lotus, bambous et motifs symboliques comme les nuages et lanternes — sans saturer l’espace. Plutôt que de couvrir entièrement les murs de chinoiserie, il s’agit de distiller le motif à travers des éléments de mobilier et des accessoires. Par exemple, vous pouvez harmoniser le même motif sur des rideaux imprimés, des coussins de canapé ou de fauteuils, et même des tissus de lit. Cette méthode crée une atmosphère immersive et chargée de caractère, tout en maintenant l’équilibre de l’espace. L’effet est à la fois théâtral et élégant, métamorphosant même les plus petits espaces en véritables œuvres d’art décoratives.

Mariez la chinoiserie aux rayures verticales

Pour incorporer la chinoiserie dans votre intérieur de façon moderne, associez-la à des rayures verticales. Cette combinaison crée un contraste subtil, mettant en valeur l’exotisme des motifs de la chinoiserie tout en apportant une touche de géométrie et de simplicité. Les rayures verticales apportent de la structure à la pièce, équilibrant la richesse des éléments décoratifs traditionnels. Que ce soit sur des rideaux, des coussins ou un mur accent, ce mélange permet de rehausser l’ambiance sans surcharger l’espace. Les rayures verticales apportent également de la hauteur, ce qui peut être particulièrement utile dans les petites pièces. En combinant ces deux styles, vous obtenez une décoration élégante, où la chinoiserie se modernise tout en conservant son caractère unique.

Sublimez la chinoiserie avec des textiles unis pour un contraste raffiné

Pour mettre en valeur la chinoiserie dans votre intérieur, l’une des meilleures solutions est de l’associer à des textiles unis. Optez pour des matières comme le velours côtelé ou le lin texturé, qui apportent une touche de confort et de raffinement tout en permettant aux motifs chinois de se démarquer. L’idée est d’introduire ces tissus unis sur des éléments de mobilier imposants — comme des fauteuils, canapés ou rideaux — qui deviennent ainsi le point focal de la pièce. Ce contraste crée une harmonie visuelle qui met en valeur l’exubérance de la chinoiserie, tout en offrant à l’espace une élégance discrète et contemporaine. En associant textures et motifs, vous obtenez un intérieur à la fois riche et équilibré, sans excès.

La chinoiserie, vestige d’une époque envoûtée par l’Orient, s’impose aujourd’hui dans nos intérieurs modernes avec ses motifs exotiques et sophistiqués. Que ce soit par le pattern drenching, l’association avec des textiles unis ou des rayures verticales, ce style se réinvente sans envahir l’espace. En jouant habilement sur les contrastes et les textures, vous pouvez créer un intérieur où l’esprit asiatique trouve sa place dans un cadre contemporain, tout en préservant son allure unique et intemporelle.

©Lalatiana Andréa RASAMOELINA : Journaliste – Copywriter

Crédit photo : Canva Pro

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